Aller au contenu principal

Mission de travail en région NPC

by sur 20 février 2014

Karamogo Traoré, directeur de l’Agence de Développement Territorial en Région de Kayes (ADTRK) vient d’effectuer une mission de travail en région Nord-Pas-de-Calais du 31 janvier au 8 février 2014.

Cette mission s’inscrit dans un programme dit « de transition » (financé par la Région Nord-Pas-de-Calais) qui a pour fonction de consolider les acquis de l’ADTRK nouvellement créée (31 août 2013) à l’initiative de communes et d’intercommunalités de la région de Kayes (dans le prolongement de l’ADT) – décision prise lors de l’atelier de Tambacounda et de contribuer à l’émergence d’un dispositif régional d’accompagnement des collectivités territoriales et des intercommunalités de la région de Kayes, capable de dialoguer avec l’instance régionale – le Conseil régional de Kayes – pour un développement économique harmonieux, durable et équitable du territoire régional.

Outre les visites de courtoisie auprès des institutions partenaires qui ont bien voulu nous recevoir, plusieurs rencontres majeures ont marqué cette mission, elle a permis de faire avancer de manière décisive un certain nombre de dossiers :

  1. CORENS comme interlocuteur des masters professionnels et de recherche sur le développement et la coopération,
  2. Le jumelage entre l’ADTRK et l’AUD de Saint-Omer,
  3. La contribution de CORENS au nécessaire partage d’expériences et de projets entre les acteurs (du Nord-Pas-de-Calais et d’ailleurs) qui interviennent en région de Kayes au Mali, 
  4. La poursuite des échanges avec le Partenariat, notamment sur le développement de la technique de construction « Voûte Nubienne » pour des équipements collectifs.

 Michèle Leclerc-Olive

Journée de travail à l’Agence d’urbanisme de Saint-Omer.

Vers un jumelage Franco-Malien de nos Agences.

Karamogo Traoré, Directeur de l’ADTRK (Agence de Développement du Territoire en Région de Kayes), accompagné par les animateurs de CORENS, a été reçu par Franck Merel, Directeur de l’AUD, et par Nicolas Rochas, Directeur du pôle « de la connaissance territoriale », et animateur de la mission coopération internationale de l’agence de Saint-Omer.

La matinée fut consacrée à l’échange des expériences menées par les deux agences, dans leur rôle d’animation de leurs territoires, et notamment l’articulation du travail entre les techniciens et les élus.

Un point a retenu toute notre attention : C’est le rôle de l’AUD apportant son expertise dans l’aide à la contractualisation de dossiers entre des communes et des bailleurs et/ou opérateurs possibles. Ce rôle apparaît comme pouvant être utilement transposé à l’ADTRK dans la prospection de programmes de coopération, susceptibles de déboucher sur des contractualisations pour financer les projets portés par les inter-collectivités maliennes.

KARA-1Les journées d’études à Tambacounda

Par ailleurs, Nicolas Rochas, co-animateur du club international de la fédération nationale des agences d’urbanisme, a indiqué comment cette fédération se fixe comme axe de travail la mise en place d’un système de jumelage entre des agences françaises et des agences étrangères. Il considère que le cas de l’ADTRK est exemplaire, et il est convenu de travailler à ce jumelage.

L’après midi a permis de découvrir plusieurs équipements illustratifs des démarches appuyées par l’AUD à Saint-Omer et à Arques.

En fin de journée, furent actées les conclusions suivantes :

    1. La formalisation du jumelage entre les deux agences (Un courrier d’intention  du Président de l’AUD a depuis été remis au Président de l’ADTRK). La signature officielle pourrait se faire autour de la fin juin 2014.
    2. Une première forme de collaboration va être concrétisée par la réalisation de la plaquette de présentation de l’ADTRK, avec l’appui technique des services de l’AUD.
    3. UrbaLyon (Agence d’urbanisme de Lyon) est engagée dans l’appui à la préfiguration d’une agence d’urbanisme à Bamako. L’expérience menée en région de Kayes est donc d’un grand intérêt. Il est convenu d’informer UrbaLyon de notre disponibilité pour l’organisation d’une rencontre soit à Lyon, avec CORENS, l’AUD et UrbaLyon, soit d’une rencontre à Bamako avec l’ADTRK, UrbaLyon, et les acteurs de l’agence préfigurée.
    4. Enfin, nous sommes convenus d’explorer les perspectives d’intégration de l’AUD dans le programme PADRIMA (En identifiant les besoins d’accompagnement de l’ADTRK par l’AUD) 

Journée particulièrement fructueuse : nous remercions l’AUD pour sa disponibilité constante au fil des années de notre partenariat.

 Animation autour de la projection de nos films

K. Traoré et CORENS ont rencontré les étudiants du Master Ingénierie des Projets de Coopération  (IPC) de l’Université des Sciences et des technologies de Lille.

La projection du film d’Enis Miliaro, Bafoulabé. Une jeunesse dans la mondialisation, a suscité de nombreuses questions :

    • qu’est-ce qu’une compensation équitable en contrepartie des prédations minières ?
    • Quel rôle peut jouer la coopération (notamment la coopération décentralisée) pour y contribuer ?
    • De quels moyens disposent les acteurs  locaux pour influer sur les politiques nationales qui négocient sans eux avec les multinationales minières ?

Notons que ce film a été projeté également en région Parisienne, notamment dans le cadre du 31 FESTIVAL Kara-2

 

Accueillir des stagiaires étudiants (sud-sud)

CORENS a été interrogé également sur les stages que notre association pourrait offrir aux étudiants d’IPC de Lille.

Cela consisterait en fait  à renouer avec une pratique que nous avions développée il y a quelques années. Ces échanges, ainsi que les différentes rencontres que nous eûmes avec des responsables de master, à Paris notamment, nous ont conduits à   inscrire à nouveau cette activité dans les programmes de CORENS.

Nos partenariats avec l’ADTRK en région de Kayes et  avec l’AUD de Saint-Omer permettent en effet d’envisager un tel nouveau programme : offrir des opportunités de stages, accompagner la formation supérieure des étudiants du sud qui souhaitent s’engager professionnellement dans le champ de la coopération internationale et plus spécifiquement dans celui de la coopération avec les pouvoirs publics locaux en Afrique subsaharienne.

Des rencontres sont programmées avec d’autres masters en France (Paris 1, Paris 13, Poitiers, Saint-Louis du Sénégal, notamment).

 

La Voûte Nubienne et l’expérience de Saint-Louis du Sénégal

En septembre 2013, CORENS avait organisé une rencontre avec Thomas Granier, directeur de l’association La Voûte Nubienne, qui forme des maçons à une technique aussi ancestrale qu’innovante, utilisant les matériaux locaux.

Il s’agissait pour CORENS de se documenter sur les possibilités offertes par cette technique et d’interroger T. Granier sur la manière dont elle pouvait être plus utilisée pour la construction de bâtiments publics. Sachant qu’il ne s’agissait pas seulement de construire, mais également de former des maçons qui pourraient construire les équipements, puis utiliser leur formation pour répondre aux demandes locales.

Encore faut-il faire connaître cette technique, la vulgariser, en démontrer l’utilité et les contraintes à des populations qui passent plus facilement du banco au béton armé et à la tôle ondulée… une solution onéreuse peu adaptée aux conditions climatiques locales.

Nous avions alors rencontré Simon Maréchal, du Partenariat de Lille, qui a expérimenté avec La Voûte Nubienne cette technique de construction très écologique et relativement économique au Sénégal.

CORENS et Karamogo Traoré, directeur de l’ADTRK ont été reçu par Simon Maréchal et Valérie Charlet qui ont présenté le Partenariat et la démarche initiée avec La Voûte Nubienne.

Au-delà de cette technique de construction, nous étions également intéressés par l’expérience du Partenariat qui appuie la gouvernance locale à Saint Louis, notamment dans la mise en œuvre et l’accompagnement des projets de développements locaux dans la région sénégalaise avec l’aide d’une agence d’urbanisme autonome. Son expertise en conduite de projets s’est alliée à l’expertise technique de La Voûte Nubienne pour intégrer ce type de construction dans les politiques d’urbanisme des collectivités territoriales.

Former les maçons, sensibiliser les populations à la technique de construction, intéresser les collectivités à ces réalisations, inhabituelles dans la région de Podor (où pourtant la terre y est favorable et où les populations sont mal logées). Cette démarche a abouti à la construction d’une quinzaine de maisons et de sept bâtiments collectifs.

Le Partenariat a suivi, jusqu’ici, la création d’un centre de santé, de classes, et d’une ferme pilote spécialisée dans la collecte du lait.

L’expertise développée par le Partenariat intéresse l’ADTRK qui voudrait pouvoir répondre aux attentes des capitales de cercle. Diéma, bien sûr mais aussi Kéniéba et à terme l’intercommunalité Bafoulabé-Mahina, ont absolument besoin de gares routières pour assainir la circulation et le stationnement des véhicules de transport (marchandises et passagers). Ces gares, tout comme le CSCOM inscrit dans la carte sanitaire de la ville de Diéma pourraient être réalisés selon cette technique.

L’ADTRK pourrait, en lien avec le Partenariat, proposer aux acteurs de la région de Kayes un programme Voûte Nubienne au Mali (faisant la liaison géographique entre le Sénégal et le Burkina où des réalisations sont en cours) et appuyer une dynamique territoriale le long du fleuve Sénégal (Gorger en Mauritanie, Saint-Louis et Matam au Sénégal, la région de Kayes au Mali.

Valérie Charlet nous a présenté Gaïa, le centre de formation et d’éducation au développement et à la citoyenneté internationale : un véritable voyage au Sénégal, tout à la fois dépaysant, participatif et ludique.

 Kara-03Affiche du Sénégal

 kARA-04Le Partenariat et Gaïa à Lille

 

Karamogo Traoré : un parcours professionnel déjà très riche

Propos recueillis par Hubert Ledoux

 Karamogo Traoré est le nouveau directeur de l’Agence de Développement Territorial en Région de Kayes (ADTRK).      

A 35 ans, ce père d’une petite fille de 7 ans vient de succéder à N’tji Keïta. Natif de Kayes, il a déjà un riche parcours professionnel : études à Kayes, lycée technique de Bamako, Faculté des sciences juridiques économiques (ex ENA), maîtrise de sciences-éco option analyse des politiques économiques, titulaire de masters politique et action publique obtenus en France. Directeur des études d’un centre de formation, salarié des Centres de Conseils aux Communes, chargé de mission au CIDS . Conseiller Technique chargé de planification du développement au Conseil régional de Kayes. KARA-5

 Qu’attendiez-vous de cette mission ?

Je connaissais la France pour y avoir effectué deux ans d’études.

Mais je souhaitais surtout rencontrer les partenaires de l’ADTRK en région Nord-Pas de Calais, que je connaissais moins, et conforter ainsi un démarrage prometteur de l’agence en Région de Kayes.

Je voulais évaluer très exactement les perspectives de coopération concrète avec les associations et organismes qui peuvent appuyer et développer les compétences de l’agence.

En êtes-vous satisfait ?

Oui, et plus que je n’en attendais.

Je rentre au Mali avec deux promesses formelles.

         Une perspective de jumelage professionnel entre l’ADTRK et l’Agence d’urbanisme de Saint-Omer, à travers une convention de coopération. J’ai trouvé là des « leaders d’innovations » qui seront un appui important dans le champ de compétences de l’ADTRK.

         Ensuite, la confirmation d’un engagement fort en faveur du développement de l’Afrique. De savoir que des « étrangers » se préoccupent du développement de « mon » territoire m’a fait chaud au cœur. Je le savais, puisque je n’arrive pas en terrain vierge, mais je l’ai fortement ressenti : c’est réel, c’est sincère ; c’est un engagement fort et large.

 Après cette mission, quel est votre principal souhait ?

Contribuer au renforcement de l’agence pour répondre au mieux aux sollicitations très diverses des collectivités territoriales maliennes ; faire de l’agence un outil qui leur soit utile. 

Vous connaissiez Paris et Le Mans où vous avez séjourné ; c’était votre première visite dans le Nord, quelle impression en retirez-vous ?

Une surprise agréable. J‘ai retrouvé des caractéristiques géographiques identiques à celles de ma région natale : des marais, des collines, des étendues agricoles et des urbanisations galopantes ; la montée des eaux aussi, que l’on retrouve paradoxalement, chez nous, le long du fleuve Sénégal.

Je repars enthousiasmé et plein d’énergie, édifié sur pas mal de points et heureux de pouvoir les mettre à profit dans la région de Kayes.

Un regret ?

Sans démagogie aucune, aucun !

Sauf peut-être la confirmation qu’en Afrique on ne travaille pas suffisamment sur l’essentiel pour s’arrêter trop aux péripéties…                      

From → Activités, Missions

Laisser un commentaire

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :