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Cadre général de la coopération décentralisée

by sur 4 mars 2013

Nous élaborons une note programmatique pour les trois années à venir, propositions qui résultent de multiples concertations, tant au Mali qu’en France, avec nos partenaires.

A ce propos, revenons sur le cadre général dans lequel se trouve plongée la coopération décentralisée aujourd’hui.

Le Mali : « un pays riche en ressources »

Cette affirmation est particulièrement vraie pour la région de Kayes qui fut autrefois le grenier de l’Afrique de l’Ouest.

Nous pensons qu’il est préférable de parler à l’endroit du Mali de pays riche en ressources plutôt que de pays en voie de développement ou de pays pauvre. En effet, parler de pays pauvre revient à retrancher de l’analyse les prédations auxquelles ces territoires et le pays tout entier sont soumis, et s’y résigner.

En effet, si les populations qui y vivent sont pauvres, le pays ne l’est pas.

Il nous semble que les Collectivités Territoriales ont un rôle à la fois spécifique (elles ne peuvent remplacer des ONG) et primordial à jouer (seules des institutions peuvent pérenniser les acquis toujours précaires obtenus par les acteurs associatifs).

Le plus souvent, les collectivités du Sud avec lesquelles nous entretenons des relations de coopération, sont confrontées  à des bouleversements de leurs territoires. Elles voient en effet s’implanter des sociétés multinationales venant exploiter leur sous-sol (Kéniéba, Bafoulabé, notamment) sans que pour autant les populations voient leurs conditions d’existence s’améliorer. On incrime la « malédiction des ressources » et on élabore des programmes de coopération qui s’accommode ou ignore ces mutations.

Comment les CT peuvent-elles élaborer des réponses à ces mutations dont on ne maîtrise pas l’origine et qui pourtant touchent de plein fouet les populations et  l’environnement ? Et corrélativement, comment coopérer pour faire en sorte que nos partenaires développent la même sagesse et la même inventivité que les CT du Nord- Pas-de-Calais ont développé dans leur propre contexte ?

Avant de faire des propositions, il convient de revenir sur le cadre général dans lequel se trouve plongée la coopération décentralisée aujourd’hui.

En effet, si l’on voit bien émerger au niveau européen des programmes spécifiquement adressés aux collectivités territoriales, dans l’ensemble les idées qui circulent dans le champ de la coopération ne confèrent pas aux collectivités territoriales de rôle prééminent.

Deux clichés y semblent  largement admis, qui constituent à nos yeux des biais dont il faut être conscients. Ils découlent de la tendance à croire qu’il suffit  d’opposer l’Etat et la société civile pour disposer d’une grille d’analyse adéquate de toutes les sociétés. D’une part, l’Etat et le politique sont fréquemment disqualifiés, sans distinguer l’institution étatique et les élites dirigeantes qui en occupent les postes de direction. D’autre part, dans cette dichotomie, Etat/société civile, les collectivités territoriales peinent à se trouver une place. En effet, elles ne sont ni un démembrement de l’Etat ni un simple regroupement semblable à ceux qui composent la société civile.

Ce que ce schéma fait disparaître, c’est la notion de pouvoirs publics : les collectivités territoriales sont des pouvoirs publics locaux, l’Etat le pouvoir public national. Ces pouvoirs publics sont des institutions ayant des responsabilités en commun tout en étant autonomes (bien que toutes soumises à la loi).

Ce sont ces institutions qui ont (devraient avoir ?) la responsabilité des biens publics ; elles ont des procédures de décision (marché public, élections, etc.) qui interdisent de les confondre avec les acteurs de la société civile.

Si ceux-ci jouent souvent un rôle important dans la défense des populations et de l’environnement, il reste que les institutions, et tout spécialement les pouvoirs publics locaux, notamment par leur caractère pérenne, ont un rôle irremplaçable à jouer.

Par exemple pour porter au niveau de l’Etat les revendications des populations locales et contribuer à garantir durablement les acquis des actions entreprises par ces associations, seule opposition à laquelle le monstre libéral veut bien consentir pour durer … 

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