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Ka an ka willi, kan an ka willi Mali bina tan kan to.

by sur 13 janvier 2013

« Depuis qu’au Mali la guerre a levé son front de taureau », nos pensées vont vers nos amies et amis maliens. Nous pensons aussi aux jeunes soldats maliens et français, engagés dans les combats et à leurs familles et à leurs proches. Il est trop tôt pour porter une appréciation sur ces événements terribles dont on ne peut connaître aujourd’hui les développements ultérieurs qu’ils vont déclencher.

La force du Mali et de ses citoyens et citoyennes réside dans leur aspiration à vivre dans la dignité, la liberté et le mieux-être. C’est cette volonté partagée qui permettra de sortir de cette crise tragique.

CORENS y trouve les raisons de poursuivre son activité avec ses partenaires, pour répondre aux incontournables enjeux du développement.

Que le message chanté par Tiken Jah Fakoly porte nos vœux pour le peuple malien.

Tiken Jah Fakoly , AN KA WILLI


 SINGLE MOBILISATION ET GALVANISATION « An ka willi »

DE TIKEN JAH FAKOLY sur la crise Malienne.

« Je dis qu’il faut que tous les Maliens fassent en sorte que les villes du Nord ne nous échappent.  Je dis dans ce single qu’il faut que les Maliens se lèvent.  Je parle des militaires, des civils et bien sûr des politiques aussi. »«Ka an ka willi, kan an ka willi Mali bina tan kan to»

Tiken Jah Fakoly : « En aidant le Mali, la France s’aide aussi »

11 janvier2013 le point.fr – Par Valérie Marin La Meslée

Le Bob Marley africain vit depuis plus de dix ans à Bamako. À l’heure où le président par intérim se rend à Paris, le chanteur s’exprime sur son engagement.

Le Point.fr : Que pensez-vous de l’appel au secours de Dioncounda Traoré, le président par intérim, qui arrive à Paris pour demander l’aide de la France ?

Tiken Jah Fakoly : La situation du Nord-Mali concerne aussi les Occidentaux. Le combat a été mené en Afghanistan, le Mali est plus proche et il y a urgence. En tant qu’Africain, j’aurais préféré que les forces maliennes et africaines n’aient pas besoin d’aides extérieures, mais aujourd’hui, il faut régler le problème. Nous ferons ensuite notre mea culpa entre Maliens et Africains pour savoir ce qui n’a pas fonctionné. Pour maintenant, il s’agit d’en appeler à la communauté internationale pour renforcer les forces locales. Et en aidant les Maliens, la France s’aide aussi.

An Kan Willi, votre single en bambara, repose sur deux mots. Le premier est « mobilisation ». Mais contre quel ennemi précisément ?

Quels que soient la tristesse et le regret devant ce qui se passe, il faut continuer à mobiliser et à galvaniser comme je le chante dans ce titre. La mobilisation a d’abord un but : tout faire pour que le territoire malien reste entier. Nous avons cet héritage d’un Mali entier à transmettre à nos enfants et petits-enfants. Ce n’est donc pas une mobilisation contre les touaregs, qui sont eux-mêmes maliens, mais contre les djihadistes qui veulent imposer au pays une civilisation qui n’est pas la sienne et qu’il n’est absolument pas prêt à accepter.

Le second est « galvanisation » : comment galvaniser un peuple par une chanson ? En citant les grands héros de l’histoire de l’empire mandingue ?

C’est cela qui peut en effet galvaniser les Maliens, ce petit cours d’histoire où je cite notamment Sonni Ali Ber, qui a mené au XVe siècle à la tête de l’empire songhaï 32 guerres en 26 ans sans en perdre aucune. Il a des descendants aujourd’hui dans le pays, et d’autres grands hommes ont leurs héritiers dans le Mali d’aujourd’hui, qui a besoin d’eux.

Le coup d’État du capitaine Sanogo remonte au 22 mars 2012. Pourquoi avoir attendu ce début 2013 pour sortir cette chanson sur la crise malienne ?

J’ai été l’un des premiers à condamner le coup d’État de Sanogo en demandant qu’on laisse le président Amadou Toumani Touré aller au bout de son mandat, puisqu’il avait renoncé au pouvoir et que des élections se préparaient. À l’époque, beaucoup de Maliens m’en ont voulu parce qu’ils ne comprenaient pas ma position. En tant qu’Africain, j’avais salué l’attitude d’ATT, dans un titre intitulé La porte de l’histoire, comme président africain choisissant de se retirer, ce qui est un fait rare en Afrique… « C’est Amadou qui fait ça. On lui a donné le pouvoir, il a rendu le pouvoir… » J’ai toujours soutenu la voix de la démocratie et de la stabilité.

Vous qui êtes si populaire à Bamako, avez-vous senti alors le changement des Maliens à votre égard ?

Oui. Et j’ai laissé passer du temps et puis, au bout de quelques mois, j’ai vu en circulant en voiture à Bamako que les Maliens revenaient vers moi et me donnaient raison pour avoir encouragé la voix de la démocratie. D’autre part, je trouvais, que face à la réalité des villes du Nord, on faisait beaucoup de réunions, mais que rien ne se passait sur le terrain, alors j’ai écrit cette chanson. Je reste modeste, ce n’est pas moi qui peux avoir un tel pouvoir, mais je remarque que, dix jours après la sortie du titre, les militaires se sont mis à attaquer. Quand on a de l’amour pour un pays, on a envie de donner des conseils, qu’ils soient suivis ou pas. J’aime le Mali, auquel je dois beaucoup puisqu’il m’a accueilli quand j’ai quitté la Côte d’Ivoire en guerre en 2002.

Vous êtes ivoirien et connaissez d’expérience ce que représente un pays divisé…

Justement, j’ai été le témoin oculaire de ce qui s’est déroulé en Côte d’Ivoire depuis 1996. J’ai fait un premier album, Mangercratie, sur la situation, et tiré une sonnette d’alarme ensuite en 1999 dans mon album Cours d’histoire. Et puis la guerre est arrivée.

Les musiciens maliens se sont plusieurs fois manifestés pour soutenir le pays, mais en tant qu’ « étranger » à Bamako, vous avez une parole plus engagée. Tous les Maliens le reconnaissent d’ailleurs…

Salif Keita a eu beaucoup de courage dans sa parole aussi, mais vous savez, mon engagement n’est pas malien, il est africain et panafricain. Je me présente toujours comme un Africain d’origine ivoirienne. Et j’ai envie de participer activement à l’histoire de mon continent. C’est ainsi que j’ai monté l’opération Un concert une école, car je crois que l’éducation seule peut sauver l’Afrique des guerres de pouvoir, de religion, d’ethnies, et que c’est ainsi que l’on travaille à l’intérêt général. Deux écoles ont vu le jour au nord de la Côte d’Ivoire, une au Niger, une au Burkina, et le budget permettra en 2013 d’en ouvrir une autre en Guinée Conakry. Je ne peux pas me croiser les bras. Si nos ancêtres étaient restés sans rien faire, nous serions encore esclaves et colonisés. Donc j’ai envie de faire partie de ceux qui ont bougé. Je ne suis pas Zorro, mais je veux dire à mes enfants et petits-enfants, quand j’aurai 60, 80 ou 100 ans : rassurez-vous, j’ai tout fait pour que cela bouge.

Avez-vous peur, parfois ?

Bien sûr que j’ai peur, tous les jours, pour ma famille, pour moi aussi. Et sans me comparer à eux, je me dis que Martin Luther King, Che Guevara, Bob Marley avaient peur aussi, mais que leurs actes ont fait avancer le monde. Rester à me croiser les bras ? Non. Je pars d’ailleurs pour les Commores, à une semaine sur l’éducation où je donne un concert.

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