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Colère et inquiétude

by sur 4 avril 2012

L’équipe CORENS suit heure par heure l’évolution de la situation au Mali. Hubert Ledoux, grâce à ses nombreux contacts et par son travail de journaliste, met à notre disposition une Revue de presse documentée le plus sérieusement possible.

Au-delà de cette contribution à la circulation de l’information, cruciale en temps de crise majeure, nous tenons à manifester notre colère face au comportement de la communauté internationale et notre profonde inquiétude pour l’avenir de nos amis maliens.

Notre colère : nous sommes obligés de souligner les discordances de traitement (médiatique, politique et militaire) appliqué par la communauté internationale aux différentes crises, révoltes, révolutions, qui se sont développées de par le monde depuis quelques années.

On ne peut que se révolter face aux conséquences (pourtant prévisibles) de l’intervention des pays occidentaux en Libye. En détournant délibérément le mandat de l’ONU, ils ont déclenché le blocage du Conseil de Sécurité, incapable depuis d’intervenir unanimement pour protéger le peuple syrien, et, ce faisant, ils ont déstabilisé, comme c’était inévitable, toute la sous région saharo-sahélienne.  C’est le peuple malien qui en paie aujourd’hui les incommensurables conséquences.

La CEDEAO, représentée par des chefs d’Etat qui doivent eux-mêmes, la plupart du temps, leur position à l’usage de la force, s’empresse de mettre le Mali à genou, par des sanctions gravissimes pour la population, en ignorant que des instances élues (les collectivités territoriales de tout niveau – Région, Cercle, Commune) n’avaient pas été balayées par le coup d’Etat, et auraient pu peut-être, il y a quelques jours encore, constituer des interlocuteurs légitimes. En se focalisation presque exclusivement sur le « retour à la vie constitutionnelle » et en rendant presque accessoire la question du maintien de l’intégralité du territoire, les différents interlocuteurs de la communauté internationale semblent oublier qu’il est difficile de redonner vie à la constitution d’un Etat aux frontières en perdition.

Notre inquiétude épouvantée : le peuple malien, fortement attaché au consensus, au règlement pacifique des conflits, à la palabre, semble dépossédé de son avenir, et condamné à assister à des interventions militaires armées dont le scenario est écrit par d’autres.

Nous nous insurgeons face au rouleau compresseur d’intérêts politiques et économiques qui font fi du désir de paix et d’équité des populations, et souhaitons renforcer l’amitié entre tous ceux qui œuvrent pour plus de justice, tant localement qu’au niveau des relations internationales.

En n’intervenant pas, ou en intervenant trop tard, alors que le terrorisme s’installe depuis cinq ans dans le Sahel, la communauté internationale porte une lourde responsabilité  dont le peuple malien est le premier à faire actuellement les frais.

Nos pensées vont vers nos partenaires qui, pas à pas, au quotidien, ont toujours cherché  à consolider la démocratie en faisant vivre la décentralisation, ce qui n’était déjà pas facile. Nous espérons que ce combat mené depuis près de quinze ans n’aura pas été anéanti en quelques heures.

Elles vont également vers les Maliens, en particulier ceux des régions du Nord, les déplacés à l’intérieur du Mali et  les réfugiés dans les pays voisins.

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