Aller au contenu principal

Une première année fructueuse

by sur 1 janvier 2012

Extrait du rapport d’activités  1ère année 

(Septembre 2010-Août 2011)

Appui au développement de la région de Kayes et des territoires de Diéma, Bafoulabé, Kéniéba. (programme triénnal 2010-2012)

Les activités menées par CORENS au cours de cette année, du programme triennal avaient comme objectifs pour ces trois ans : 

  • De contribuer au renforcement des relations partenariales entre trois cercles de la région de Kayes ; Diéma, Bafoulabé, Kéniéba parce qu’ayant un destin commun : être traversé par une route nationale. Et une démarche de planification et de contractualisation, entre ces cercles et l’Assemblée régionale de Kayes. 
  • De renforcer les compétences et la capacité d’intervention d’une équipe technique au service de ces pouvoirs locaux.        
  • D’accompagner la réflexion sur l’urbanisation et les mutations sociales induites par la réalisation des trois nouvelles routes qui traversent la région de Kayes. Les trois chefs lieux de cercle étant mis en situation de nouveau pôle de développement économique et de villes secondaires dans l’espace régional et transfrontalier de Kayes.       
  • De consolider les méthodes de travail et d’échanges de compétences entre acteurs des deux territoires régionaux partenaires, collectivités et structures d’appuis techniques aux collectivités que le projet mobilise autour de la ville et de l’eau.

 Les activités au cours de la première année couvrent l’ensemble des actions prévues.

Il faut souligner que le contexte dans lequel s’est déroulée cette année 1 nous a contraints cependant à opérer quelques modifications en raison des recommandations qui nous avaient été faites de ne pas nous rendre dans la zone « rouge » de la carte du Mali au motif de l’insécurité qui y règne.

Néanmoins, il a été possible de tenir les engagements pris.             C’est ainsi que le lancement même du programme s’est fait à Kayes et non à Diéma comme prévu. Et que la rencontre « 10 ans de décentralisation, 10 ans de coopération » qui devait se tenir à Diéma en introduction à la rencontre de lancement du nouveau programme (atelier auquel devaient participer Ousmane Sy et une délégation mauritanienne) a dû être annulée, dans la forme où elle était prévue.

L’activité de l’Agence de Développement Territorial (ADT) a été engagée conformément à la feuille de route de l’année 1 adjointe au programme triennal 2010-2012. L’ADT est sous la double responsabilité du directeur de l’Agence, N’tji Keita et du maire de Diéma, la capitale de cercle, Sadio Tounkara.    

Autres changements majeurs qui ont été opérés : concernent les lieux de rencontre.

a) Ainsi, une délégation de l’ADT et des pôles de développement du cercle de Diéma est venue en région Nord-Pas de Calais en avril 2011. Ce séjour fut l’occasion de réunions de travail avec l’AUD de Saint-Omer et avec les services techniques de la région Nord-Pas-de-Calais.  b) Une rencontre de travail avec l’AVRL, la présidente du Conseil de cercle de Kéniéba et le CG62 s’est tenue à Arras en juin 2011.            c) En juillet, la ville de Lesquin a accueilli la rencontre que nous avons eue avec le maire de Bafoulabé, et les comités de jumelages de Lesquin,  Lezennes et  Roncq,                                                                   d) Et début juillet une délégation de CORENS s’est rendue à Diéma à l’occasion de notre participation au Forum National sur les 10 ans de décentralisation qui s’est tenu à Bamako fin juin 2011.

Le rapport qui suit présente dans le détail les activités réalisées. Elles sont présentées selon les axes du document-projet, mais bien évidemment certaines d’entre elles émargent à plusieurs axes simultanément.

Axe 1 : appui aux activités liées au partenariat, au Nord et au Sud

Conformément à nos engagements nous avons adapté le style et le contenu des rencontres au niveau de développement de nos partenariats et aux leçons tirées de nos relations anciennes avec le cercle de Diéma.                                                                                Comme il a été dit plus haut, les lieux de ces rencontres ont été modifiés, et nous avons saisi les opportunités qui se présentaient pour tenir les réunions de travail avec nos partenaires. Le contenu et le style de ces réunions sont propres à chaque territoire.

Une délégation de Diéma est venue en région Nord-Pas-de-Calais… Ce qu’il convient de rappeler ici, c’est que la stratégie élaborée à Kayes lors de la séance de lancement du programme a été examinée de manière plus précise et confirmée dans ses grandes lignes. Elle repose sur deux principes. D’une part, adapter les procédures aux réalités du terrain et aux formes de mobilisation des partenaires des territoires. D’autre part, dans ce travail de transfert  d’expérience, laisser une place décisive aux acteurs concernés, élus et secrétaires généraux, appuyés par l’ADT.

On a ainsi trois configurations très différentes.

A Diéma qui est,  et qui doit rester, le lieu d’expérimentation partagée des formes organisationnelles, les intercommunalités associées chacune à un pôle « urbain » se sont constituées autour de ce qui leur apparaît comme l’axe thématique générateur de développement  du territoire concerné. 

A Bafoulabé, l’ONG (CIDS) rencontrée à Kayes et à Bamako en septembre et octobre 2010, ne semble pas être restée l’interlocutrice des pouvoirs publics locaux pour la préparation du forum qui nous avait été annoncé. Il a donc fallu repenser notre propre intervention dans ce cercle. Ceci s’est fait selon une double modalité. D’une part, la disparition à court terme de la perspective de forum (pour lequel nous avions préparé la contribution de CORENS en octobre 2010) et d’autre part, l’engagement de plusieurs jumelages de la métropole lilloise sur ce territoire malien, nous ont conduits à participer activement à une rencontre qui s’est tenue à Lesquin avec ces jumelages et le maire de Bafoulabé. Nous y avons exposé notre style de travail avec Diéma, présenté l’ADT et proposé que Bafoulabé (en tant que capitale de cercle) et les communes du cercle se rapprochent de l’agence pour envisager leur entrée dans le programme sur les mêmes bases que les intercommunalités du cercle de Diéma.

L’annulation, ou tout au moins le report, de l’organisation d’un forum sur Bafoulabé nous donne l’opportunité de substituer à cette manifestation, une rencontre entre des élus et techniciens des collectivités du cercle de Bafoulabé et leurs homologues de Diéma. Il était prévu que CORENS réalise un film sur ce forum pour en garder la mémoire ; il nous a semblé plus approprié de réaliser un documentaire sur les enjeux de développement actuels, compte tenu de la construction des routes Kayes-Bafoulabé, et Bamako-Bafoulabé  et surtout de la création des trois sites d’activités économiques. Il en sera question dans l’axe 4.

A Kéniéba, la situation se présente différemment. L’AVRL, présente à la réunion de lancement du programme à Kayes en octobre 2010, reste l’interlocutrice de la collectivité de Kéniéba  qui « porte » les relations avec les acteurs de la région Nord-Pas-de-Calais. Des réunions de travail se sont tenues à Arras qui ont rassemblé la délégation de Kéniéba (notamment la présidente du conseil de cercle et le représentant de l’AVRL) et les acteurs du Nord (élus du conseil général, techniciens, GRDR et CORENS). Des coopérations thématiques se sont nouées « horizontalement » qui ont permis de faire bénéficier le cercle de Diéma des compétences techniques disponibles autour du CG du Pas-de-Calais. Le partage de réflexions avec les personnes en charge de la coopération décentralisée  est d’ores et déjà très prometteur. Voir notamment le dossier TIC. Nous avons également présenté lors de ces réunions de travail, les modes organisationnels et la forme du partenariat qui ont fini par être adoptés à Diéma.

Axe 2 : appui aux activités liées au renforcement des capacités (formation)

CORENS a accompagné la réflexion des acteurs de Diéma dans la conception formelle de l’« Agence » ADT.

Lors de la visite de la délégation, des séances d’échange tant avec l’AUD de Saint-Omer qu’avec des techniciens de la région ont permis de renforcer les compétences de l’équipe du point de vue du « management » de l’outil « agence » et du point de vue de son ancrage dans le territoire du cercle.

Par ailleurs, au cours de cette mission, le cartographe de l’équipe a bénéficié d’un stage à l’AUD au côté de Nicolas Rochas qui lui a permis d’améliorer les prestations qu’il peut offrir aux intercommunalités du programme.

L’embauche d’un urbaniste pour renforcer l’équipe de l’agence est en voie de finalisation. …

La mission de la délégation de Diéma en France a été aussi l’occasion de renforcer les compétences de nos partenaires dans le domaine de la prospective budgétaire des collectivités territoriales. Un travail de longue haleine est engagé depuis 2010 avec Epargne sans frontière (ESF), pour monter un dispositif expérimental d’offre de crédit aux collectivités territoriales qui souhaitent s’émanciper des dispositifs d’aide (type ANICT dans sa forme actuelle). C’est le cas par exemple de la ville de Kolokani. Ceci suppose d’amener les élus et techniciens des grosses collectivités de la région de Kayes (et principalement celles des cercles de Diéma, Bafoulabé et Kéniéba) a se doter d’outils permettant d’évaluer la capacité d’emprunt de leur collectivité. Et pour ce faire, il faut former nos partenaires à ce type de réflexion et forger ces outils techniques.

 Enfin, la mission de juillet 2011 à Diéma a été l’occasion d’assurer  un séminaire de formation en direction des binômes (élu et technicien) des intercommunalités partenaires locales de l’ADT. Quelle responsabilité pour la ville en tant que pôle de développement d’une intercommunalité ? Les relations entre une ville et son hinterland ? S’urbaniser : malédiction ou avantage ?

 Néanmoins, il nous faut regretter la disparition de la ligne budgétaire dont nous disposions dans le programme précédent pour assurer des formations et poursuivre l’alphabétisation. Il a été assez difficile de justifier cette amputation (qui n’est pas de notre fait) à nos partenaires. Heureusement, Essonne-Sahel a repris le Centre de Formation à la Décentralisation de Diéma, comblant – mais seulement très partiellement – le vide créé par notre départ de ce domaine de coopération.

 Il reste que la suppression de tout programme d’alphabétisation au cours de cette première année fragilise considérablement le projet affiché de renforcer la pratique des langues nationales dans la région de Kayes, contredisant même les propos prometteurs formulés au cours du forum « Langues nationales et décentralisation » qui s’est tenu à Kayes en septembre 2010. 

Enfin, et beaucoup plus profondément, on peut penser que remplacer les pratiques de « formation » par celles de « renforcement des capacités » revient au fond à succomber au charme des sirènes néolibérales. On constate en effet qu’actuellement les « experts » disponibles aujourd’hui sur le marché de l’appui à la décentralisation, n’ont pour la plupart suivi que des séances courtes, ponctuelles, de « renforcement des capacités », sur une ou deux questions à première vue techniques. L’addition de plusieurs sessions de ce type ne « forme » pas. Faire en sorte que les acteurs puissent penser par eux-mêmes requiert une offre cohérente, suivie, un lieu identifié où revenir, reprendre un sujet, consolider un acquis. Ce qui se fait sous l’appellation « renforcement des capacités » consiste à doter les gens d’un vocabulaire non maîtrisé sans fournir la capacité de réfléchir aux enjeux de développement et encore moins de penser l’avenir de la collectivité. 

Axe 3 : appui aux activités liées à l’animation territoriale au Nord et au Sud

Nous entendons l’expression « animation territoriale » dans un sens très large : si dans le cercle de Diéma, on peut considérer que l’ADT (et plus particulièrement son directeur) fait de l’animation des territoires des intercommunalités, en revanche, au nord, CORENS anime le territoire régional sous deux modalités principales ; l’animation ( qui peut se confondre avec la participation à) ou l’organisation de, rencontres avec des acteurs du territoire engagés également dans la coopération décentralisée et avec nos partenaires maliens. Elle peut prendre également la forme de conférences grand public que l’on peut ranger sous la rubrique « Education au développement ».

Précisons à présent quelques aspects de cette animation territoriale dont l’importance doit être soulignée : outre l’échange d’informations qu’elle permet, elle est également pour nos partenaires l’occasion d’expérimenter en temps réel des manières de travailler : notre expérience de la coopération décentralisée et l’observation de nombreux programmes de développement nous conduisent à penser que ces moments de travail en co-présence est décisif pour la mise en œuvre de nos programmes et l’appropriation de leur contenu. C’est ce qui a motivé la rédaction et la diffusion du texte Sécurité, développement et coopération décentralisée (contenant un « web-docu »)Voir ce texte dans le blog. 

Sous la rubrique « Education au développement », signalons que nous avons organisé le 12 avril, dans les locaux de Lianes-Coopération, une conférence qui a bénéficié d’un public nombreux. Mme Nelly Robin, chercheuse à l’Institut de recherche sur le Développement, spécialiste des migrations en Afrique subsaharienne, a en effet animé une conférence-débat sur les « Évolutions des migrations sahéliennes et externalisation des frontières de l’Europe dans la bande du Sahel ».

C’est dans le même esprit que CORENS s’implique dans le réseau animé par Lianes. …

Nous avons participé à la rencontre organisée par la DPIR le 9 mai 2011, sur le plurilinguisme. Conformément aux suggestions qui ont été émises au cours de cette réunion, CORENS a pris les contacts nécessaires pour animer une possible journée d’étude « Francophonie et Plurilinguisme ». Avec les experts Gérard Galtier – professeur à l’INALCO et spécialiste des langues parlées en région de Kayes – et  Julien Kilanga Musinde – professeur à l’université d’Angers, représentant l’Observatoire Européen du Plurilinguisme et l’Organisation Internationale de la Francophonie.

Soulignons également notre participation à certaines réunions programmées dans le cadre du comité mixte RNPdC – ARK de juin 2011 (nous aurions bien aimé être associés à la séquence consacrée aux 10 ans de décentralisation, mais malheureusement, malgré notre demande, nous n’y avons pas été admis).

Il convient par ailleurs d’ajouter la rencontre qui s’est tenue à Diéma en juillet 2011 réunissant CORENS, l’ADT et l’ARK (représentée par son secrétaire général). Celle-ci a permis de partager avec l’ARK l’état d’avancement du programme, de l’informer des modalités d’animation du territoire  mises en œuvre sur le territoire de Diéma et les perspectives d’extension aux territoires de Bafoulabé et Kéniéba.

Axe 4 : appui aux activités liées à la capitalisation et à la communication

L’ADT assure diverses activités de capitalisation et de communication, notamment à travers la réalisation de documents synthétiques (cartes, entretiens, etc.) permettant d’animer les territoires. Une enquête a été menée dans toutes les mairies du Cercle de Diéma sur l’équipement et l’utilisation des outils informatiques (TIC) . Voir des extraits dans le blog. Une observation du Carrefour de Diéma permet de mieux connaître les flux, les services, les contraintes concernant la croissance des activités et aussi d’aborder les relations entre  le Carrefour et ses territoires environnants.

L’ADT a également confié à un anthropologue la réalisation d’une enquête par entretiens auprès de 23 jeunes de Bafoulabé. Ils ont été choisis pour l’intérêt de leur contribution à la réflexion, hors de tout souci de représentativité. Les thèmes des entretiens portaient sur leurs activités professionnelles et leur formation, les espoirs que font naître les routes et les installations industrielles, leur rapport à la migration, leur engagement dans la vie locale, etc.

Ce document de 80 pages a plusieurs fonctions.

         Premièrement, cette enquête servira de base à l’animation d’une rencontre avec les associations de jumelages de la région Nord-Pas-de-Calais en partenariat avec des villages des communes de Bafoulabé et Mahina (les entretiens ont été réalisés exclusivement dans ces deux communes).

         Deuxièmement, et conformément aux discussions qui se sont tenues à Lille lors de la visite d’une délégation de l’ARK, nous avons fait évoluer le projet du film documentaire prévu dans le programme initial. Rappelons qu’avait été inscrite dans ce programme la réalisation d’un documentaire sur le forum qui devait se tenir à Bafoulabé. Nous avons pensé qu’il était judicieux d’apporter notre contribution à la réflexion des acteurs de ce cercle en réalisant un documentaire sur les potentialités nouvelles liées aux routes, aux ponts, à la cimenterie « Diamond Cement Mali » de Gangontéry, à la mine de fer Earthstone de Talari et à l’usine de carrelage Stone située à Goundapé, et ce, avec l’aide de la vision qu’en ont les jeunes, le film sur Diéma servant d’outil pour l’animation des rencontres organisées dans les communes de Bafoulabé et Mahina. 

Ensuite, CORENS a été invitée à participer au forum national qui s’est tenu à Bamako du 27 au 30 juin 2011 sur « 10 ans de décentralisation ». D’une part ce fut l’occasion de présenter notre action devant un vaste public, mais aussi de nouer de nouveaux contacts. En particulier, l’ADT, le maire de Diéma et CORENS ont été reçus à la DNCT, par Monsieur Aly Fofana, chargé des réflexions sur la coopération décentralisée et des intercollectivités.

Enfin, CORENS est intervenu dans les réunions  du groupe-pays Mali organisée par CUF sur le thème qui nous est cher : « coopération décentralisée et services publics ».

En guise de conclusion  

Il n’y a pas lieu de faire à proprement parler un bilan de cette première année, car la continuité avec les activités de la deuxième année est trop nette pour que cet exercice ait un sens.

Néanmoins, nous pensons devoir souligner que le succès du programme est étroitement lié à notre capacité – CORENS et ADT – à nous adapter à l’évolution du contexte et à tirer parti des circonstances. S’il est possible de tracer les orientations de l’action, en revanche il serait contreproductif de se caler de manière rigide sur un listing d’opérations précises….

Nous pouvons dire que ces dernières années d’expérience ont montré que c’est précisément cette disponibilité à l’initiative de nos partenaires qui, tout à la fois, crée la confiance et renforce leur capacité à agir de manière autonome. Ce qui est bien le but recherché.

La feuille de route de la deuxième année est largement appréhendée par les acteurs, anciens et nouveaux. Cela semble prédisposer la suite de ce programme à de fructueux succès.

 

 

 

 

Publicités
Laisser un commentaire

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :