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Cadre logique 2005

by sur 17 novembre 2005
 

Comité de pilotage

Perspectives pour le cercle de Diéma

cadre logique

Suite du programme « projets de territoire »

16 et 17 novembre 2005 

Introduction

Le CADRE LOGIQUE et les propositions d’axes de réflexion qui suivent, sont issues de multiples concertations et échanges, qui ont commencé au comité de pilotage du PACEDEL I, en juillet 2003. Des réunions ont suivi, à Bamako, à Diéma, à Paris, dont les comptes rendus successifs permettent de retracer le cheminement.

Une étape importante a été l’organisation d’une phase expérimentale que nous avons appelée « Projets de territoire ». Deux points : partir des ressources et intégrer la route aux projets. Cette expérimentation a rencontré diverses difficultés très riches d’enseignement, sur de nombreux plans, et notamment sur les conditions de succès d’une démarche résolument « ascendante ».

Un autre moment important de la réflexion, a été le récit qui nous a été fait de la dynamique engagée dans une partie du cercle de Diéma, à propos de la mise en valeur de la boucle du Baoulé.

En particulier, l’analyse de ces difficultés nous a conduit à souligner qu’une telle démarche semble bien adaptée aux situations où les problèmes à résoudre s’inscrivent dans une continuité avec l’existant, même si la méthodologie « projet de territoire » s’inscrit à rebours des habitudes. Ces pratiques  habituelles portent les acteurs locaux à concevoir le développement comme un développement « correctif » pour pallier des manques (liste de besoins, au mieux hiérarchisés, jamais insérée dans une stratégie de développement auto généré) – au détriment d’un développement « du potentiel », capable de saisir les opportunités et imaginer des changements. Il reste que cette dynamique à partir des ressources locales, ne peut anticiper, faute d’expérience de proximité et d’expertises disponibles, les axes de réflexion qui sont ceux d’une « ville » au plein sens du terme.

Au premier niveau, qui est celui du développement local (ou rural), les solutions s’enracinent dans l’expérience locale, dans les idées que les uns et les autres formulent à partir de ses propres projets. Ce type de dynamique de développement, même si elle n’a pas, pour l’heure, suscité de réactions très visibles, nous semble pertinent. Il s’agit donc, avec les communes qui en manifesteront le désir de poursuivre le travail entrepris, à partir du pré-diagnostic réalisé par les étudiants en 2004. La lecture de leurs rapports, qui ont été remis à chaque maire des six communes (Sansankidé, Djangounté Camara, Lanbidou, Fatao, Béma et Diéma) montrent cependant que les situations sociales et environnementales, se prêtent plus ou moins bien à une telle démarche fondée sur la concertation et l’identification des potentialités locales. Elle s’inscrit très naturellement dans les activités de jumelage, lorsqu’elles existent.

Mais lorsque des modifications exogènes de l’environnement (les goudrons) surgissent, il nous semble que l’on ne peut pas faire fond uniquement sur l’expérience locale. En témoigne les pré-diagnostics réalisés en 2004, notamment quant à la manière d’appréhender le goudron. Il nous semble qu’il serait bon de disposer de compétences professionnelles spécifiques (en aménagement du territoire, notamment) qui peuvent anticiper les problèmes et les opportunités liés à ces changements qui constituent une rupture dans l’environnement. Le goudron n’a pas été conçu pour générer du développement local, mais pour mettre Bamako en liaison avec Dakar et Nouakchoot. La question de l’appropriation de cette opportunité de développement (qui simultanément génère des problèmes nouveaux) nous semble être une question qui relève du niveau régional. D’où la proposition de mettre au programme de développement de l’Assemblée régionale de Kayes une étude qui pourrait s’appeler «  le (ou les) goudron(s) et ses (leurs) communes ». C’est le deuxième niveau d’un programme de développement du cercle de Diéma. Non seulement, cela ne concerne pas que la capitale de cercle, ni même le cercle de Diéma, mais l’ensemble des collectivités qui se trouvent sur ces routes. Ce niveau, ainsi que le suivant, dépasse la capacité de chaque commune prise isolément.

Enfin, troisième niveau, Diéma est non seulement un bourg soucieux de son développement rural, non seulement une commune importante sur le goudron et un chef-lieu de cercle devant assurer un certain nombre de services, mais Diéma, est en train de devenir une « ville-carrefour international ».

Tout le cercle a intérêt à ce que cette transition qui fait passer cette commune de gros bourg administratif à une agglomération de nouvelle ampleur, fasse de Diéma une vraie ville. Une agglomération n’est pas d’emblée une ville (cf Didiéni). Ce n’est pas tant la taille de la population, les équipements fonctionnels qui font la ville.

Tout ce qui fait qu’on  a plaisir à y habiter, à y installer son entreprise, qu’on s’y arrête plus volontiers qu’ailleurs, qu’on y revient, etc. Cela dépasse le fonctionnel, et inscrit dans la ville une vision, un imaginaire et une histoire. Si les domaines de l’énergie et des services spécifient Diéma comme chef-lieu du cercle, c’est sans doute dans le domaine de l’histoire (mémoire orale à sauver, noms de rue, etc.) de la culture (création et diffusion) et de l’architecture (bâtiment, places publiques, cafés, etc) que l’agglomération commence à être perçue et vécue comme une ville au plein sens du terme.

Ces propositions ne constituent rien de plus qu’un cadre de réflexion, dont la dynamique dépendra de ce que nous en ferons collectivement.

Une première rencontre informelle a réuni, le 17 novembre 2005, les représentants de six communes (Lakamané, Djangounté Camara, Sansankidé, Diéoura, Grouméra, Madiga Sacko) pour discuter du deuxième niveau de ce cadre logique. Diverses questions ont été évoquées.

1)    Le raccordement au goudron et le désenclavement de proximité[1] : condition du développement des activités agricoles par la commercialisation des produits sur les marchés locaux. Grouméra, par exemple, a un marché important mais la commune est enclavée de nombreux mois par an (30 km de Diéma). Sansankidé envisage de développer la commercialisation des pains de singes et du tamarin. Djangounté Camara (plus de 23 000 habitants) prévoit de construire un grand marché à proximité de la jonction entre le goudron Diéma – Kayes et la future route Kita- Nioro, qui vient de Guinée. Le regard porté sur le développement, par les maires de Lakamané et de Djangounté Camara gravite autour de la notion de « carrefour », ouvrant sur d’autres cercles, voire d’autres pays.

2)    Madiga Sacko souhaite également le raccordement au goudron. La situation particulière de la commune de Diéoura doit être soulignée : le chef-lieu de la commune est à 30 km du goudron, alors que l’un de ses villages, Tassara, se trouve en bordure de la route. Comment penser un développement équilibré de la commune ?

3)    Les communes Lakamané, Diéoura et Sansankidé, dans le cadre d’une intercommunalité qui démarre, ont mené diverses démarches pour obtenir la distribution de la télévision nationale sans succès. Toutes ont souligné l’importance majeure de l’accès à l’information, nationale et internationale, pour le développement local.

4)    Les maires des communes en bordure de goudron souhaite la prise en compte des problèmes d’insécurité qui connaissent une croissance préoccupante. Une des réponses qui a été suggérée est de pourvoir à l’éclairage public des localités. Ce qui pose le problème central de l’énergie disponible pour les communes du goudron.

5)    Enfin, l’installation de petits commerçants ou artisans en bordure de goudron requiert concertations et réglementations qui pourraient faire l’objet d’échanges entre les communes concernées.

Il a été convenu que ces moments de concertation intercommunale seront reconduits, la communication avec CORENS étant assurée notamment grâce à Sadio Sissoko. Il apparaît qu’une démarche de l’UCD auprès de l’ARK, pour faire inscrire au programme de développement de la région une étude portant sur « Les goudrons et leurs communes : une opportunité pour le développement local », serait de nature à faire avancer la réflexion intercommunale.


[1] Il faut avoir présent à l’esprit dès le départ que la revendication de pistes secondaires doit d’emblée être associée à une responsabilité des collectivités en matière d’entretien de ces pistes.

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