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La culture, partout au cœur de la résistance … 

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La culture !

Une saison au Congo d’Aimé Césaire. Mise en scène de Christian Schiaretti

« Là où croît le péril, croît aussi ce qui sauve. » Cette pensée du poète Hölderlin, souvent citée par Edgard Morin et reprise en exergue de plusieurs articles inspirés par la crise actuelle, trouve sa résonance dans le péril qui nous occupe aujourd’hui. La Culture est, selon moi, « ce qui sauve », l’antidote qui nous sauvera de la sidération. C’est elle qui dans les pires moments de notre histoire a contribué à renouer les liens d’humanité et de résistance. Je repense à ces femmes extraordinaires dans les camps de la mort qui, comme Charlotte Delbo, Marie-Claude Vaillant Couturier et tant d’autres, récitaient les pages des grands auteurs pour donner à leurs camarades la force de résister. Lire la suite…

Pour la Falémé !

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Restaurer la Falémé …

 Les habitant.e.s des rives de la Falémé (et de tout son bassin versant) se souviennent d’une rivière source de vie : on y puisait l’eau, on y pêchait des poissons, on cueillait les plantes poussant sur ses berges, l’eau était claire et, surtout, le fleuve était un acteur important de la vie locale : les pirogues et les bateaux pouvaient transporter les marchandises d’un point à un autre.

Aujourd’hui, les dépôts laissés par les dragues qui fouillent le lit de la rivière pour y trouver de l’or entravent toute circulation. Cela fait bien longtemps que toute vie aquatique a disparu et que les riverains n’osent plus consommer son eau visiblement polluée.

Dans une quinzaine d’années, les réserves d’or connues à ce jour seront épuisées … Les usines seront parties, et les riverains n’auront d’autre partenaire environnemental qu’une région sinistrée, dévastée, empoisonnée.

 

Comment redonner vie à la Falémé ?

 Que ce soient les Etats, les pouvoirs publics locaux, les associations, les ONGs, les scientifiques, chacun a un rôle à jouer dans ce sauvetage. Toutes les fonctions vitales endossées par un fleuve, protagoniste éminent de la vie locale, doivent être restaurées De nombreuses initiatives sont prises (OMVS, ASFA 21, EGM, etc.) qui peuvent être fédérées. Les habitants de la région sont au cœur de ce vaste programme. Après les associations, les pouvoirs publics commencent à s’intéresser à la Falémé, pour qu’elle redevienne la veine nourricière régionale qu’elle fut autrefois.

Des cris d’alarme ont été lancés :

Restaurer la Falémé, Sauvons la Falémé,

SOS pour la Falémé, Comment Sauver la Falémé ? …

Extraire l’or à tout prix ?

Les questions ne se posent pas exactement en ces termes. D’un côté des multinationales (canadiennes pour la plupart) mobilisent des sommes colossales pour soustraire aux pays comme le Mali ou le Sénégal les richesses minières de leur sous-sol, destinées principalement à la spéculation et aux réserves bancaires. De l’autre, des orpailleurs de toute la sous-région tentent de survivre en s’embauchant sur les placers. Les Etats criminalisent ces derniers pour offrir toute la place aux industries extractives : les apports financiers qu’ils en retirent servent principalement au paiement de leur dette sur les marchés financiers internationaux. C’est tout le système économique et financier qui est concerné … et qui est à revoir. Si c’est aux Etats à produire des lois et des décrets, c’est avec les habitant.e.s que des solutions concrètes pourront être trouvées afin que la Falémé puisse à nouveau contribuer au Bien-Être de tous les êtres vivants du bassin versant.

… Dépolluer les fleuves

La Falémé n’est pas le seul fleuve du monde à être ainsi victime du développement délétère de l’extractivisme. De nombreux fleuves font l’objet d’une attention de la part des citoyen.ne.s, d’associations, d’ONG et même de certains pouvoirs publics. Mais le terme ‘pollution’ recouvre des réalités très diverses. L’opinion publique s’est émue récemment de la pollution gravissime des eaux océaniques par des particules de plastique : nettoyer les grands fleuves qui amènent ces déchets à la mer, est devenu un engagement de très nombreux jeunes. Des dispositifs techniques sont en cours d’élaboration pour mécaniser ce filtrage.

Certains fleuves, comme le Rhône, font l’objet de restaurations, hydraulique et écologique. Mais on souffre néanmoins cruellement d’un déficit de pratiques et de connaissances scientifiques pour restaurer des fleuves pollués par des métaux lourds.

Contact : corens.cibele@gmail.com

50 ans d’aide au développement

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50 ans de coopération au développement :

bilans et analyses

 

Après de nombreuses années d’engagement professionnel ou bénévole, dans le cadre des politiques de coopération au développement, nous avons le sentiment qu’une page est tournée, qu’une nouvelle phase s’ouvre qui bouleverse les références, les objectifs, la philosophie.

Il nous semble bienvenu de dresser un bilan de ces années de coopération et d’aide au développement. Nous avons, les uns et les autres, le sentiment qu’il est nécessaire de laisser une trace de cette politique que nous avons observée et à laquelle nous avons participé ; ne serait-ce que pour les générations qui viennent.

Il s’agit notamment de restituer ces expériences qui ont marqué de longues périodes d’investissement, en temps mais aussi en intelligence. Lire la suite…

25 ème anniversaire de la création de la zone libérée du Chiapas

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Le 1er janvier 2019, on célébrait les 25 ans du soulèvement zapatiste de janvier 1994. Ce soulèvement ouvrait un espace où se sont déployés, à l’initiative d’une trentaine de communes, des écoles, des centres de santé, des instances de gouvernement et de justice. 

Mais aujourd’hui l’heure est sombre : le nouveau président du Mexique, d’Andrés Manuel López Obrador, a annoncé une série de grands projets (éoliens, agro-alimentaires, etc.) qui n’ont que faire de l’économie paysanne du Chiapas.

« Comme l’a écrit un ami argentin, sans le zapatisme (et ajoutons sans le confédéralisme démocratique du Rojava), le monde serait bien plus horrible encore qu’il ne l’est aujourd’hui [10] » : c’est ainsi que Jérôme Baschet conclut l’article qu’il a publié à l’occasion de cette commémoration.

La voix du Jaguar Informations et correspondance pour l’autonomie individuelle et collective

Amère célébration : Les vingt-cinq ans de l’expérience zapatiste

lundi 7 janvier 2019, par Jérôme Baschet

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Mali Dijgui : lancement du film Kéniéba, la malédiction de l’or

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Vendredi 20 juillet, Mali Djigui a accueilli Michèle Leclerc-Olive (CORENS) et Nicolas Leclerc (3 FILMS 14) à l’occasion de la mise en ligne du film réalisé à Kéniéba grâce au soutien du département du Pas-de-Calais dans le cadre de son programme IMM (Imaginons un Monde Meilleur) et à la collaboration de nombreux habitants du cercle. Qu’ils en soient remerciés !

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N’hésitez pas à ‘liker’ et à inviter vos amis et amies à visionner le documentaire d’Enis Miliaro (24 mn) sur la chaine  de 3 FILMS 14 : Kéniéba

AFFKB EM     Kéniéba. La malédiction de l’or

3 FILMS 14, en collaboration avec CORENS a réalisé ce film sur les prédations minières dans le cercle de Kéniéba (région de Kayes, au Mali), d’où provient la moitié des 50 tonnes de l’or malien exporté chaque année. Ces entreprises extractives font d’énormes bénéfices tant sur les marchés financiers que sur ceux des matières premières, alors que les communautés villageoises sont privées de leurs meilleures terres agricoles et que leur eau est utilisée sans contrepartie par ces usines.

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Lundi 18 juin 2018 au Brady (Paris) : Kéniéba. La malédiction de l’or ?

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Nous remercions infiniment toutes les personnes qui ont assisté à la projection du film documentaire réalisé par Nicolas Leclerc  (50 mn, 2018) : Kéniéba. La malédiction de l’or ? Cette projection était organisée à l’occasion de l’arrivée à Paris de la Marche des Solidarités, qui a quitté Vintimille le 30 mai. Elle rejoindra Calais le 7 juillet.

Ce film, co-produit par le Conseil Départemental du Pas-de-Calais, CORENS et 3 FILMS 14, alterne des interviews et des images originales qui révèlent l’impact des activités extractives, qu’elles soient industrielles ou artisanales, sur l’environnement ; certaines ont été réalisées grâce à un drone, offrant un point de vue inédit sur les bassins de boues polluées ou sur les opérations de dragage dans le fleuve Falémé qui fait frontière entre le Sénégal et la Mali. Surtout, le film permet de comprendre comment des jeunes originaires de Kéniéba, en viennent à décider de quitter cette région aux potentialités économiques considérables. Enfin, ce documentaire met également la question de l’or telle qu’elle est éprouvée à Kéniéba en lien avec sa dimension financière mondiale.

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Lettre ouverte de Yann Moix à E. Macron. 21 janvier 2018

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Crédit : Europe 1

L’écrivain Yann Moix fustige dans une lettre ouverte adressée à Emmanuel Macron, l’écrivain Yann Moix fustige la politique migratoire de la France, et plus particulièrement le traitement infligé aux migrants à Calais.

L’article, publié sur le site de Libération, comporte des séquences-vidéos tournées à Calais. Vous pouvez les consulter : http://www.liberation.fr/debats/2018/01/21/monsieur-le-president-vous-avez-instaure-a-calais-un-protocole-de-la-bavure_1624132

Monsieur le Président de la République, chaque jour, vous humiliez la France en humiliant les exilés. Vous les nommez « migrants » : ce sont des exilés. La migration est un chiffre, l’exil est un destin. Réchappés du pire, ils représentent cet avenir que vous leur obstruez, ils incarnent cet espoir que vous leur refusez. C’est à leur sujet que je vous écris. Lire la suite…

Boubacar Traoré, le dernier western …

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Comment ne pas partager cet article publié par Jeune Afrique sur Boubacar Traoré ? Si vous voulez visionner les vidéos de Aïssatou Diallo, et écouter Boubacar Traoré, voici l’URL qui donne accès à la page de Jeune Afrique

http://www.jeuneafrique.com/502702/societe/musique-boubacar-traore-le-dernier-western/

Musique : Boubacar Traoré, le dernier western

ar – Avec les vidéos de Aïssatou Diallo

À 75 ans, le lonesome cowboy du blues malien fait toujours parler la poudre. Parti se ressourcer sur les rives du Mississippi, il donne une série de concerts mélancoliques et pétaradants à Paris.

Quand il monte d’un pas lent sur la scène parisienne du New Morning, le public métissé de la salle de concert retient son souffle. Silence de saloon à quelques secondes d’un duel musical qui sera mortel. Sous son éternelle casquette, Boubacar Traoré porte un costume rayé. Une silhouette de Dalton de bande dessinée, de taulard évadé, qui dégaine sans préambule sa guitare acoustique comme une Remington. Le bluesman lâche les chevaux, et nous voilà partis pour une longue cavalcade (plus de 2 heures 30 de concert) dans le wild wild west malien.
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Famille syrienne ou InSyriated ?

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En proposant le dernier film de Philippe van Leeuw, Une famille syrienne[1], dans le cadre des Rencontres Cinématographiques d’Aire-sur-la-Lys (29 novembre 2017), nous avions prévu d’animer un débat à l’issue de la projection. Mais sous l’émotion qui perdura longuement après la fin du générique, ce ne fut pas aisé d’ouvrir la discussion sur la situation syrienne. Comme l’a fait remarquer un spectateur, le film ne porte pas à vrai dire sur l’actualité syrienne mais sur la souffrance des civils, victimes d’une guerre qui pourrait se dérouler n’importe où. On ne peut que compatir avec les personnes qui subissent les violences entrainées par un tel conflit, se révolter contre les guerres en général, tout en pensant sans doute que l’ « on ne fait pas d’omelette sans casser des œufs », comme le note un dicton bien connu.
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Le Franc CFA : déni de l’histoire monétaire françafricaine ?

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Nous avons grand plaisir à poster cet article de Kako Nubukpo annoncé dans le préambule du texte d’Achille Mbembé et Felwine Sarr (voir infra).

Franc CFA : les propos de M. Macron sont « déshonorants pour les dirigeants africains »

L’économiste Kako Nubukpo fustige la position du président français sur le CFA, qu’il juge « imprécise et caricaturale ». Par Kako Nubukpo (Directeur de la Francophonie économique et numérique de l’OIF)

LE MONDE Le 29.11.2017

Ce que nous redoutions depuis des années s’est produit hier, mardi 28 novembre, à l’université Joseph Ki-Zerbo de Ouagadougou, au Burkina Faso, lors des échanges qui ont fait suite au discours de M. Macron. Une façon arrogante, pour ne pas dire plus, de la part de M. Macron, d’exprimer le déni de l’histoire monétaire françafricaine, renvoyant les dirigeants africains à leur servitude monétaire volontaire, les mettant à nu de la pire des façons, à travers des réponses d’une violence symbolique inouïe, dont la plus emblématique fut sans doute :

« Le franc CFA est un non-sujet pour la France »

Le franc CFA fait couler beaucoup d’encre, depuis longtemps, avec une accélération et une tension sans précédent depuis quelques mois. On était donc en droit de s’attendre de la part de M. Macron, dans le cadre d’un discours à une jeunesse africaine préoccupée à juste titre par son avenir, à des propos structurés, réfléchis et fortement argumentés sur sa vision de l’avenir de cette monnaie, à l’intérieur même de son discours. Mal nous en a pris, car de franc CFA, il ne fut guère question.

Siphonage des ressources africaines

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